Blog
Visiter Madère en 7 jours : l’itinéraire jour par jour
✓ Les infos à retenir
- Sept jours permettent de faire le tour complet de l’île sans enchaîner les journées de route
- Le nord et le sud ont des climats différents : s’il pleut à Funchal, il fait souvent beau à Porto Moniz
- Les levadas, ces canaux d’irrigation du XVIᵉ siècle, offrent 2 500 km de sentiers quasi plats
- Madère n’a presque pas de plages de sable : on s’y baigne dans des piscines naturelles volcaniques
- Climat doux toute l’année, entre 18 et 25 degrés, sans vraie saison morte
Madère, une île qui se parcourt en voiture
Perdue dans l’Atlantique à environ 700 kilomètres des côtes marocaines et un millier de Lisbonne, Madère tient dans un rectangle de 57 kilomètres sur 22. Sur le papier, rien d’intimidant. Dans les faits, le relief change complètement la donne : des montagnes qui montent à plus de 1 800 mètres, des routes en lacets et des tunnels partout.
La bonne nouvelle, c’est que le réseau moderne, notamment la voie rapide VR1 qui longe le sud, a réduit les temps de trajet de moitié en vingt ans. Funchal à Porto Moniz prend aujourd’hui une heure et demie contre trois auparavant.
Sept jours donnent le temps de couvrir les quatre coins de l’île, de randonner sérieusement deux ou trois fois, et de garder de la marge pour la météo. Parce que c’est l’autre caractéristique de Madère : le temps change vite et diffère radicalement d’un versant à l’autre.
Jours 1 et 2 : Funchal
La vieille ville et le marché
La capitale concentre environ un cinquième de la population de l’île. La Zona Velha, son quartier historique, a été transformée par le projet Arte de Portas Abertas, qui a confié les portes des maisons abandonnées à des artistes. Résultat : une rue entière de portes peintes, devenue l’une des images les plus partagées de l’île.
Le Mercado dos Lavradores mérite une visite en matinée, quand les étals de fruits tropicaux et de poissons sont pleins. C’est là qu’on découvre l’espada, ce poisson-sabre noir aux yeux immenses pêché à 800 mètres de profondeur, servi traditionnellement avec de la banane frite.
Monte et son téléphérique
Le téléphérique relie le front de mer au village de Monte en une quinzaine de minutes, avec une vue continue sur la baie. En haut, le Monte Palace Tropical Garden déploie ses collections botaniques sur plusieurs hectares en pente.
La descente en carro de cesto reste l’attraction la plus singulière de l’île : des luges en osier guidées par deux carreiros en tenue blanche, qui freinent avec leurs semelles en caoutchouc sur deux kilomètres de route pentue. Le procédé date du XIXᵉ siècle, où il servait vraiment de transport.
Jour 3 : les sommets
Le Pico do Arieiro culmine à 1 818 mètres et se rejoint en voiture, ce qui en fait le point de vue le plus accessible de l’île. Arriver au lever du soleil pour voir la mer de nuages recouvrir les vallées en contrebas est une expérience que beaucoup citent comme le moment fort de leur séjour.
De là part le PR1, la Vereda do Areeiro, qui relie l’Arieiro au Pico Ruivo, point culminant de Madère à 1 862 mètres. Sept kilomètres aller, entre trois et quatre heures, avec des tunnels creusés dans la roche, des escaliers taillés à flanc de falaise et un dénivelé cumulé conséquent. La lampe frontale est nécessaire pour les tunnels.
C’est objectivement la randonnée la plus spectaculaire de l’île, et aussi la plus exposée. Elle ferme régulièrement pour cause de météo ou d’éboulement, vérifie l’état du sentier avant de partir.
💡 Consulte l’état des sentiers avant chaque randonnée. L’Institut des forêts de Madère publie en ligne les fermetures de sentiers, fréquentes après les pluies. Beaucoup de visiteurs découvrent la barrière au départ après une heure de route de montagne. Le site officiel se consulte en deux minutes la veille au soir, ça évite de perdre une matinée.
Jour 4 : les levadas
Les levadas sont ce qui distingue Madère de toutes les autres îles atlantiques. Ces canaux d’irrigation, creusés à partir du XVIᵉ siècle pour amener l’eau du nord humide vers les cultures du sud sec, totalisent aujourd’hui environ 2 500 kilomètres. Les sentiers d’entretien qui les longent forment un réseau de randonnée quasi plat au cœur de reliefs verticaux.
Deux itinéraires sortent du lot. La Levada do Caldeirão Verde, au départ de Queimadas, traverse la forêt de laurisylve sur environ six kilomètres avant d’aboutir à une cascade tombant dans un cirque rocheux. La Levada das 25 Fontes, dans le secteur de Rabaçal, mène à un amphithéâtre naturel où l’eau suinte de la paroi en dizaines de filets.
Cette laurisylve mérite quelques mots. C’est une forêt relique du Tertiaire, qui couvrait autrefois le bassin méditerranéen avant les glaciations. Madère en conserve le plus grand ensemble subsistant au monde, inscrit à l’UNESCO depuis 1999, sur environ 20 % de la superficie de l’île.
Jour 5 : la forêt de Fanal et le nord-ouest
Sur le plateau de Paul da Serra, à environ 1 150 mètres, la forêt de Fanal aligne des lauriers centenaires aux troncs tordus, souvent noyés dans une brume qui monte de la côte nord. C’est le lieu le plus photographié de l’île après Funchal, et probablement le plus atmosphérique.
Une précision utile : sans brouillard, Fanal reste un joli sous-bois, sans plus. L’ambiance qui fait sa réputation dépend entièrement des conditions. Les meilleures chances se situent tôt le matin ou en fin d’après-midi, quand l’humidité remonte.
C’est cette atmosphère que restitue notre affiche de la forêt de Fanal, pour ceux qui veulent en garder une trace au retour.
Poursuis vers Porto Moniz, à la pointe nord-ouest, connu pour ses piscines naturelles formées dans la lave refroidie. L’eau de mer y entre et sort au rythme des vagues, dans des bassins aménagés avec échelles et surveillance. C’est l’endroit où l’on se baigne le plus agréablement sur l’île.
Jour 6 : la côte nord
Seixal concentre plusieurs curiosités sur quelques kilomètres. Sa plage de sable noir volcanique, rare sur l’île, et surtout la Cascata dos Anjos, une cascade qui tombe directement sur la route côtière et sous laquelle on passe en voiture. Un lavage gratuit devenu attraction touristique.
À São Vicente, les grottes volcaniques se visitent sur environ 700 mètres de galeries formées il y a 890 000 ans par une coulée de lave. Le centre de vulcanologie attenant explique la formation de l’archipel, utile pour comprendre les paysages qu’on traverse depuis six jours.
La route côtière ancienne entre São Vicente et Porto Moniz, partiellement conservée en voie touristique, longe la falaise sous des surplombs rocheux. Elle donne une idée de ce qu’était circuler sur l’île avant les tunnels.
Jour 7 : les contrastes de l’est
La péninsule de Ponta de São Lourenço offre le paysage le plus surprenant de l’île, parce qu’il contredit tout le reste. Ici, plus de forêt ni d’humidité : une langue de terre aride, ocre et rouge, battue par les vents, qui s’avance sur huit kilomètres dans l’Atlantique. Le sentier PR8 la parcourt en trois heures aller-retour, sans ombre.
Sur le chemin du retour vers Funchal, arrête-toi à Câmara de Lobos, village de pêcheurs aux barques colorées que Winston Churchill est venu peindre en 1950. Un panneau marque l’emplacement exact de son chevalet.
Termine par le Cabo Girão et sa passerelle à fond de verre suspendue à 580 mètres au-dessus de l’océan, l’une des falaises maritimes les plus hautes d’Europe. Le vertige est garanti même pour ceux qui prétendent ne pas en avoir.
Récapitulatif de la semaine
| Jour | Secteur | Temps fort | Effort |
|---|---|---|---|
| J1-J2 | Funchal | Zona Velha, marché, Monte | Léger |
| J3 | Sommets | Arieiro, Pico Ruivo (PR1) | Soutenu |
| J4 | Centre | Levadas, laurisylve UNESCO | Modéré |
| J5 | Nord-ouest | Fanal, Porto Moniz | Léger |
| J6 | Côte nord | Seixal, grottes de São Vicente | Léger |
| J7 | Est et sud | São Lourenço, Cabo Girão | Modéré |
Manger et boire à Madère
La cuisine madérienne tourne autour de quelques plats bien identifiés. L’espetada, brochette de bœuf marinée à l’ail et au laurier, se sert suspendue à une tige de métal au-dessus de la table. Le bolo do caco, galette de patate douce cuite sur pierre et servie chaude avec du beurre à l’ail, accompagne à peu près tout.
Côté boissons, la poncha mélange aguardente de canne à sucre, miel et jus de citron, avec des variantes selon les bars. Le vin de Madère, muté à l’alcool et chauffé lors de son élevage, se décline du sercial le plus sec au malvasia liquoreux. Une visite de chai à Funchal permet de comprendre ce procédé unique, né par accident sur les navires qui traversaient les tropiques.
✅ Loue une petite voiture, pas un SUV. Les routes secondaires madériennes sont étroites, les stationnements en village minuscules et certaines pentes dépassent 25 %. Une citadine compacte se manœuvre bien mieux qu’un gros véhicule, et coûte moins cher. Vérifie aussi l’état des freins et privilégie une boîte manuelle pour retenir le moteur dans les descentes longues.
Quand partir
Madère porte le surnom d’île au printemps éternel, et il est mérité. Les températures oscillent entre 18 et 25 degrés toute l’année, sans mois vraiment défavorable.
Avril et mai correspondent à la floraison, avec la fête des Fleurs de Funchal. L’été reste sec et chaud sans excès. Le 31 décembre, le feu d’artifice de la baie de Funchal a détenu le record du monde du plus grand spectacle pyrotechnique en 2006, et attire encore beaucoup de monde chaque année, avec des tarifs en conséquence.
La seule vraie contrainte reste le vent, qui perturbe régulièrement les atterrissages à l’aéroport Cristiano Ronaldo, réputé pour sa piste partiellement construite sur pilotis au-dessus de l’océan. Les déroutements vers Porto Santo ou les Canaries arrivent plusieurs fois par an.
Madère est de ces destinations qui surprennent par leur densité : en une semaine, tu traverses de la forêt subtropicale, des sommets à 1 800 mètres, un désert de basalte et des piscines volcaniques. Nos affiches Portugal couvrent l’archipel et le continent, et nos affiches forêt prolongent l’ambiance brumeuse de Fanal.
👉 Garde l’île sur tes murs. Nos collections île et montagne et volcan résument bien les deux visages de Madère.